Même si cela ne servira sûrement pas à grand chose, mais au moins à vider mon sac, j'aimerais partager ici quelques réflexions sur un certain comportement. J'ai décidé de l'écrire maintenant parce que j'ai vu et lu certaines choses qui m'ont fait réfléchir, et que j'aimerais remettre certains points sur les "i".
Je pense qu'il est souvent plus facile de se décrire pauvre victime et de charger ses « bourreaux » à l'envi plutôt que de réfléchir au pourquoi du comment. En effet, se décrire comme mature ou du moins réfléchie nécessite une application de la susdite qualité.
La première règle à appliquer (selon moi) lorsqu'on attaque certaines personnes et qu'on déclare ne plus vouloir leur parler ou les fréquenter, c'est d'être cohérent. Se ramener le lendemain, la bouche en c½ur et comme si rien ne s'était produit n'est certes pas la bonne solution. Si l'on a agi sur un coup de chaud, s'excuser peut se révéler fort utile. Ne rien dire relève du manque de respect, de l'impolitesse, du je-m'en-foutisme ou tout simplement signifie que vous le pensez toujours. Dans ce dernier cas, pourquoi continuer à fréquenter les personnes décriées ? Dans le premier, ne pas s'étonner si les remarques fusent.
La deuxième règle : agir en adulte (ou tout du moins essayer). Quand quelqu'un vous adresse un commentaire, certes critique, mais au moins calme et posé pour vous faire signaler que bon, vous avez bien fait comprendre que vous ne vouliez plus nous voir, on est d'accord mais... que faites-vous là ?, ne pas se transformer en harpie colérique et jeter des choses à tout va. Premièrement, ça fait pas propre et deuxièmement, ça n'encourage pas le dialogue. Se mettre ensuite à hurler, injurier et menacer de frapper alors que la personne en face de vous ne fait que vous parler sur un ton calme pour crever l'abcès et dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas... Tintin (et Milou), pas la bonne solution non plus. Se donner en public de la plus vulgaire façon qu'il soit n'était peut-être pas le choix le plus intelligent. Néanmoins, un autre coup de chaud peut arriver, certaines personnes éprouvent des difficultés à se maîtriser. Si c'est de nouveau le cas, se référer à la solution plus haut et s'excuser ou assumer mais alors foutre la paix aux gens.
La troisième règle : se respecter soi-même (et les autres par la même occasion mais il ne faut pas trop demander non plus). Tout le monde a le droit d'avoir des divergences avec n'importe qui. On ne peut pas apprécier tout le monde. Tout le monde ne peut pas nous apprécier. Seulement voilà, dire « Bouh vous êtes bêtes et vilains, vous avez trois ans d'âge mental je veux plus vous parler vous allez me mettre des bâtons dans les roues » et puis continuer à fréquenter les personnes qu'on n'aime pas... C'est insultant pour eux et bête pour soi. Si on a pas le courage et les tripes d'assumer ses dires et ses coups de têtes, on ne les fait pas. Faire ensuite porter les chapeau aux autres en geignant « Vous n'aimez pas mon look, je pensais pourtant qu'on pourrait s'entendre malgré ça » relève de la bêtise la plus totale. En gros, cela se résume à ne pas comprendre ses propres actions. Cela veut dire qu'on préfère la solution la plus facile : faire passer ses « bourreaux » pour des personnes bêtement méchantes, intolérantes et en plus superficielles. Bien évidemment, cela évite de se poser la question cruciale : « qu'ai-je fait ? ». Se dire que certaines personnes ne nous aiment pas tout simplement parce qu'elles n'aiment pas notre look, cela revient à éviter le plus possible de se remettre en question. C'est plus facile, et comme ça on reste la pauvre petite chose qui n'a rien fait à part demander qu'on accepte sa différence de style. Seulement si on réfléchit plus loin, peut-être se rendrait-on compte d'autres raisons : était-il nécessaire de les agresser ? D'ensuite crier ? Puis de les prendre pour des imbéciles de premier choix en jouant l'innocente ? De s'inviter dans n'importe quelle conversation ? De faire des remarques sur tout alors qu'on ne sait rien (ou tout du moins pas grande chose) ? De se croire perpétuellement mieux que les autres ? D'enfoncer le clou avec des « je suis mieux préparée que vous », « je réussirai, moi », « tu dis ça mais on verra en septembre » ? Se croire supérieur aux autres (et je persiste et signe), c'est déjà une preuve qu'on ne l'est pas. L'intelligence ne se limite pas à étudier par c½ur son syllabus, se cultiver et savoir bêtement des choses. Bien sûr ça peut aider pour réussir ses études, obtenir son diplôme. Mais qu'en est-il en tant qu'être humain ? L'intelligence sociale, voilà quelque chose sur quoi méditer. Prendre les autres pour de la sous merde, faire bien comprendre qu'on n'a besoin de rien ni de personne pour réussir, d'accord, très bien. Mais ensuite venir pleurnicher avec des « Oh on n'accepte pas mon look, ils sont vraiment méchants et des moutons de Panurge qui s'ignorent », c'est puéril. Si on ne respecte pas les autres, il ne faut pas s'attendre à des miracles. C'est prendre les gens pour des cons, seulement manque de pot, ce n'est pas le cas.
Donc un peu d'humilité, un peu d'introspection. Si on veut jouer à un jeu, on en assume les règles. On ne va pas se plaindre, ou alors on a le courage de s'excuser. Et à la question « que faire lorsqu'on se rend compte que certaines personnes ne nous apprécient pas et ne se gênent pas pour le montrer ? », prendre deux secondes et réfléchir. Un petit mot, très banal : pourquoi ? Une fois qu'on aura bien réfléchi là-dessus et qu'on aura fait le tour de la question, faire preuve pour une fois de maturité et prendre le taureau par les cornes, ou rester condescendante en se pâmant dans sa différence et ricaner en regardant ces pauvres êtres insipides qui n'ont que trois neurones sur lesquels pleurer. Mais alors, être condescendante jusqu'au bout, assumer son choix et laisser les pauvres petits moutons seuls, leur épargner notre présence parce que les moutons se suffisent à eux-mêmes et n'ont pas besoin d'une pauvre âme qui traînait par là et était seule, et qui du coup veut participer à la vie de mouton. Mais n'est pas mouton qui veut. Et tu seras sûrement ravie de l'apprendre : tu n'en es pas un, alors continue ton chemin.